Anonymous

Image1Pour des raisons professionnelles (wouahaha !), j’ai revu le film de Roland Emmerich : Anonymous ! Yes ! Parfois, j’adore trop mon travail ! C’est ce qu’on peut appeler de la recherche documentaire : j’avais besoin de trouver un film montrant une scène de théâtre de la période élisabéthaine pour bien me refaire une idée de la manière dont les pièces étaient jouées à l’époque. J’aurais pu me contenter du début du film, qui est une bonne mise en situation, mais j’ai poussé le professionnalisme jusqu’à regarder TOUT le film ! Oui, oui, oui.

Et c’est vrai que j’adore ce film alors que d’habitude les films qui revisitent l’Histoire à leur sauce, sans tenir compte de la vérité historique, ça m’énerve. Mais bon, je ne suis pas anglaise. Donc, ça m’ennuie moins de revisiter l’histoire anglaise que l’histoire française (faut dire que je suis moins au point sur l’histoire anglaise aussi, donc parfois, je ne sais pas ce qui est faux, ça aide à accepter).

Roland Emmerich, Anonymous, 2011  © Columbia pictures

Roland Emmerich, Anonymous, 2011 © Columbia pictures

Le début du film est un peu complexe car il se passe à plusieurs époques différentes avec plusieurs allers-retours mais une fois que l’on a saisi les différents moments, ça fonctionne. Après réflexion, je trouve que cette mise en scène est une bonne idée car elle traduit aussi un des ressorts du théâtre élisabéthain : il n’y a pas d’unité de temps. Les scènes s’enchaînent mais elles représentent parfois des moments complètement éloignés dans le temps ou l’espace. Finalement, ce film est sans doute plus une méditation sur le concept du théâtre : le pouvoir politique des écrits, l’interaction avec le public, la nécessité de l’écriture, le pouvoir de l’imaginaire, qu’une interprétation vraiment plausible sur la genèse des œuvres shakespeariennes.

Roland Emmerich, Anonymous, 2011  © Columbia pictures

Roland Emmerich, Anonymous, 2011 © Columbia pictures

Quoiqu’il en soit, on peut aussi regarder ce film pour l’histoire sombre et pleine de rebondissements ou bien, et c’est l’un des points forts de cette réalisation, pour la performance des acteurs. Rhys Efans, vraiment étonnant en homme de l’ombre et Vanessa Redgrave campant une Elisabeth Ière âgée, coquette et infantile autant que déterminée et cruelle.

Roland Emmerich, Anonymous, 2011  © Columbia pictures

Roland Emmerich, Anonymous, 2011 © Columbia pictures

L’histoire, vous l’aurez compris, donne une interprétation concernant la paternité des œuvres de Shakespeare. Sur l’affiche anglaise (une merveille), on lit « Was Shakespeare a fraud ? », question évidemment aguichante. Emmerich soutien avec ce film la thèse selon laquelle le célèbre dramaturge anglais ne serait qu’un prête-nom pour un noble évoluant au sein des intrigues politiques de la cour d’Elisabeth Ière. La théorie, séduisante, a déjà été contredite mais à vrai dire, le mystère Shakespeare demeure quand même, et peu importe que cette proposition ne soit pas historiquement cohérente, l’histoire est quand même captivante.

Et donc, je suis à la recherche de d’autres films présentant des mises en situation de représentations théâtrales. Pas des pièces de théâtres adaptées au cinéma mais des films qui montrent des pièces de théâtres jouées dans le contexte d’une époque. Pour l’instant sur ma liste il y a Saint Cyr de Patricia Mazuy (il me semble que les demoiselles de Saint Cyr jouent une pièce dans ce film) mais je cherche d’autres références, alors si vous avez des idées, n’hésitez pas à m’en faire part ! (il faut que la reconstitution soit historiquement juste).

Pour en savoir plus :
 
Le film de Roland Emmerich, Anonymous, 2011/2012 sur le site d’Allociné.
Et une fois n’est pas coutume, la page wikipedia en anglais est vraiment une mine d’informations et de SOURCES pour étudier la question de la paternité des œuvres de Shakespeare.

 

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