Brazil

Extrait de Brazil de Terry Gilliam, 1985

Extrait de Brazil de Terry Gilliam, 1985

Mais rien à voir avec le foot ! Je sais bien qu’en ce moment on ne peut pas échapper à la Coupe du Monde de football au Brésil. Mais comme je trouve que le foot est l’un des sports les plus idiots du monde (aveu qui va me valoir des huées), je trouve surtout que c’est l’occasion de sortir tranquillement en ville PENDANT les matchs pour profiter des rues calmes et presque désertes. Et lorsque les klaxons retentissent, c’est le moment de se réfugier dans une salle de cinéma bien douillette !

Et c’est donc comme cela que j’ai été voir le dernier film de Terry Gilliam, The Zero Theorem.

affiche Zero Theorem2Je ne sais pas vous mais moi j’ai eu un prof d’anglais délirant qui nous montrait les Monty Python pendant les cours (tous les profs d’anglais sont dingues, c’est sûr !). Du coup, j’ai un attachement particulier pour les membres de ce groupe et leurs scénarios absurdes mais inventifs.

Donc Terry Gilliam, on le connait comme réalisateur solitaire essentiellement depuis Brazil (et oui, le titre avait du sens en fin de compte). Un film d’anticipation qui livrait un regard plutôt pessimiste sur l’avenir de nos sociétés régies par les administrations et l’obsession sécuritaire.

Il est certain que The Zero Theorem, est dans la même lignée. Un héros désenchanté se demande à quoi mène sa vie. Mais avec ce film, le réalisateur pointe plutôt la société de consommation et le besoin viscéral de l’homme de trouver un sens (physique, philosophique, métaphysique), à l’existence.

Ce que j’ai préféré : les magnifiques décors et notamment la chapelle désaffectée qui sert de refuge au héros. Vitraux, peintures murales et mobilier liturgique côtoient les meubles et installations informatiques nécessaires au quotidien du personnage. Les costumes sont également très inventifs et apportent souvent une touche d’humour.

The Zero Theorem de Terry Gilliam, 2014

The Zero Theorem de Terry Gilliam, 2014

Je crois que les décors et les costumes sont vraiment les deux éléments qui créent l’atmosphère si particulière des films de Gilliam. On peut y sentir une certaine maladresse parce qu’il s’agit de collages d’éléments dont les rapprochements paraissent a priori absurdes, comme dans les collages surréalistes ou Dada. Mais tout cela me semble aussi caractéristique d’un genre de cinéma dont l’origine serait peut-être à chercher chez Méliès et qui passerait aussi par Metropolis de Fritz Lang par exemple. Rien n’est très réaliste dans tout cela, on devine le carton-pâte derrière la façade colorée, mais on choisit de se laisser prendre (ou non d’ailleurs) par cet univers.

The Zero Theorem de Terry Gilliam, 2014

The Zero Theorem de Terry Gilliam, 2014

Evidemment dans les films de Gilliam, il n’y a pas de fin heureuse mais plutôt le constat que le salut se trouve dans l’imaginaire de chacun. Il est donc logique que dans The Zero Theorem, les personnages se réfugient constamment dans un monde onirique un peu kitch tout comme le héros de Brazil se rêve en archange salvateur.

Enfin, je crois que tourner dans un film de Terry Gilliam doit être une exceptionnelle expérience pour les acteurs. Quoiqu’il en soit, il me semble que revêtir les costumes et se grimer fait partie intégrante de cette expérience et doit apporter un certain intérêt. Dans ce film, on peut saluer les looks divers de Mélanie Thierry mais surtout le corps à nu de Christoph Waltz et l’allure méconnaissable de Matt Damon (dont les costumes semblent posséder d’étranges facultés de mimétisme). Ce que je veux dire c’est que les acteurs ne ressemblent en rien à ce qu’on à l’habitude de voir d’eux et que c’est plutôt agréable.

Mélanie Thierry in The Zero Theorem de Terry Gilliam

Mélanie Thierry in The Zero Theorem de Terry Gilliam

Bref. Ce film est une bonne expérience visuelle et un plaisir de cinéphile mais il faut nécessairement être sensible à l’univers très plastique de Terry Gilliam.

Pour en savoir plus :
 
On consulte évidemment le site officiel de Terry Gilliam qui renvoie vers quelques liens intéressants correspondants aux derniers projets de l’artiste.
Les tournages souvent rocambolesques de Gilliam sont assez bien documentés sur internet. Il ne faut pas chercher beaucoup pour trouver plein d’articles sur le sujet, en particulier à propos du maintenant légendaire The man who killed Don Quixote.
Pour The Zero Theorem, on va précisément sur le site officiel du film.
 
 
Le film Brazil tire son nom d’une chanson brésilienne créée dans les années 30 « Aquarela do Brasil » et qui, si on en croit Le Monde, est devenu l’hymne officieux du Mondial ! Humm, finalement, il y a bien un lien avec le foot aussi !
 

 

 

 

This entry was posted in Au salon, New and tagged , , , , . Bookmark the permalink.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *