Hollywood

Clark Gable and Vivien Leigh © New Line Cinemas

Clark Gable and Vivien Leigh © New Line Cinemas

Bon, reprenons un peu en main ce blog qui a été misérablement délaissé ces dernières semaines.

Donc, je suis dans une période bollywoodienne.  Mais avant de vous en parler, je dois revenir sur une découverte hollywoodienne… Il y a quelques semaines, à Paris, j’ai vu la pièce Hollywood au Théâtre de la Michodière et c’était top !

Un peu par hasard, par désœuvrement et par un coup du sort, parmi les centaines de pièces jouées à Paris, cette pièce a été sélectionnée et (miracle !) il restait des places au dernier moment. Et bien, le hasard est un grand pourvoyeur de bonheur. Car la pièce de Ron Hutchinson, adaptée par Martine Dolléans est une merveille de comédie.

Thierry Frémon, Pierre Cassignard et Emmanuel Patron dans Hollywood de Ron Hutchinson © Bernard Richebé

Thierry Frémon, Pierre Cassignard et Emmanuel Patron dans Hollywood de Ron Hutchinson © Bernard Richebé

Hollywood donc. 1939. Bureau du producteur David O. Selznick. Une décision difficile vient d’être prise par cet homme ambitieux, tenace et sans doute sous-estimé dans son milieu. Il vient de stopper le tournage d’un film en qui personne ne croit vraiment mais dont le scénario est auréolé du succès du livre dont il est adapté : Autant en emporte le vent. Mais stopper un tournage coûte de l’argent et David O. Selznick n’a qu’une semaine pour faire remanier le scénario et transformer un complet ratage en chef-d’œuvre cinématographique. Il appelle à l’aide celui qui passe pour être le meilleur scénariste d’Hollywood et un nouveau réalisateur, Victor Fleming (il vient de virer George Cukor !). Bref, une semaine pour tout réécrire, pour construire un semblant de story-board, et pour rejouer l’histoire de Scarlett O’hara. Car Ben Hecht, le scénariste génial, n’a pas lu le roman de Margaret Mitchell !

Vivien Leigh et David O. Selznick à la céramonie des Oscars © Academy of Motion Picture Arts and Sciences

Vivien Leigh et David O. Selznick à la céramonie des Oscars © Academy of Motion Picture Arts and Sciences

Les trois actes de la pièce, représentant trois jours de la semaine, sont hilarants et follement absurdes. Enfermés dans le bureau de Selznick, les trois hommes ne se nourrissent que de bananes et de cacahouètes. Ils incarnent à mesure les personnages et les grandes scènes de l’histoire mais discutent beaucoup, s’engueulent souvent et débattent tout le temps. La fatigue aidant, sales, épuisés, affamés, blessés ils osent aussi dire ce qui se cache sous les fastes d’Hollywood et sous la réussite sociale de certains : l’intolérance, la mesquinerie, la cupidité. Et voilà pourquoi cette pièce est géniale. Bien sûr on rit beaucoup (j’ai rarement autant ri au théâtre et la salle entière était plongée dans une hilarité quasi hystérique), les acteurs sont brillants (Thierry Frémont, Pierre Cassignard, Emmanuel Patron) et livrent des performances physiques exceptionnelles. Mais cette pièce distille aussi en filigrane de la mélancolie, évoque l’injustice et possède un caractère grinçant, que le burlesque et le comique occultent mais qui est cependant bien présent.

Alors, oui, c’est une pièce de garçons (ce qui m’a fait hésiter au départ), parce que les personnages principaux sont des hommes et bien que l’assistante soit impeccablement jouée par Françoise Pinkwasser, son rôle est minime. Mais c’est une pièce brillante et brillamment interprétée… et, je le reconnais, l’un de mes meilleurs moments de théâtre de ces derniers mois.

Elle se joue encore et mérite vraiment d’être vue ! Maintenant, j’ai même envie de revoir le film, alors que j’ai quand même le souvenir de m’être beaucoup ennuyée lors de mon premier visionnage…

Pour en savoir plus :
 
La pièce est jouée depuis plusieurs mois. C’est la troisième reprise, cette fois au théâtre de la Michodière. On voit la pièce actuellement avec Thierry Frémont, Abbes Zahmani (en remplacement de Pierre Cassignard) et Emmanuel Patron, dans une mise en scène de Daniel Colas.
 
Vivien Leigh et Clark Gable sont quand même des héros inoubliables dans le film de Victor Fleming qu’on regarde différemment après avoir vu la pièce. L’histoire de la réécriture du scénario est véridique, Hecht ne voulut cependant pas voir son nom au générique et Fleming choisit d’être payé au forfait et non pas au pourcentage ! Hattie McDaniel, la première actrice noire à avoir gagné un oscar (pour son rôle dans Autant en emporte le vent) ne put pas assister à la première du film à Atlanta à cause de lois raciales et du racisme ambiant !
 
Le roman de Margaret Mitchell, je ne l’ai jamais lu. Mais peut-être serait-ce l’occasion ? Selzinck semble avoir acheté les droits du roman pour la somme dérisoire de 50 000 $ mais au regard des bénéfices générés par le film, il repaya 50 000 $ à l’auteur. So nice !

 

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