Intrigues

 

reveCe n’est pas encore une période de l’année très propice à la lecture de gros volumes chronophages (je suis tout à fait capable de prendre sur mon temps de sommeil pour finir un livre mais cela ne me semble pas très raisonnable). Mais de courts romans, why not ?

Ainsi, parce que j’ai gardé une émotion très vive de la lecture de La Poétique de l’égorgeur (un titre sublime, déjà) de Philippe Ségur, j’ai sauté sur l’occasion de lire Le Rêve de l’homme lucide, lorsque je l’ai vu sur le présentoir de la bibliothèque.

ephronJ’ai aussi sélectionné un petit roman de Cécile Coulon, Le Rire du grand blessé et des sortes de mémoires de Nora Ephron (la réalisatrice) intitulées Je ne me souviens de rien et autres réminiscences (mais sans doute surtout parce que c’est publié aux éditions Baker Street…). Ce dernier roman, je ne l’ai pas terminé car finalement, je n’ai pas été vraiment séduite par les anecdotes, quoique je n’ai pas trouvé ça inintéressant non plus.

J’ai aussi mes obsessions, donc je suis allée ventre à terre chez le libraire pour acheter Jésus m’aime de David Safier et je n’ai pas pu m’empêcher d’acheter aussi Intrigue à Venise de Adrien Goetz, ouvrage que je réserve d’habitude plutôt pour l’été (parfait en livre de poche dans la valise ou sur la plage), mais tant pis !

poétiqueLa Poétique de l’égorgeur est un livre qui me hante. J’ai des souvenirs un peu décousus de l’histoire : la fable du début, le héros universitaire et son parcours relativement réaliste… jusqu’à ce que tout se télescope et que l’histoire s’emballe : une course-poursuite, le froid, et le twist final.  Etrangement, je n’ai jamais voulu relire ce roman bien qu’il m’ait fait une forte impression et que j’y repense très souvent. C’est un livre intense sans aucun doute. Cependant, j’ai lu d’autres livres de Philippe Ségur qui m’ont beaucoup plu mais dont je me souviens à peine. Cette dimension particulière de La Poétique de l’égorgeur est peut-être complètement dans mon imagination et si je le relis, je prends le risque d’être déçue ou pire, de mettre fin à cette obsession ! Quoiqu’il en soit, à défaut de relire ce roman, j’ai placé Le Rêve de l’homme lucide sur ma pile de lecture (mais pas encore lu).

RireLe Rire du grand blessé de Cécile Coulon, c’est une autre histoire (et un très bon titre aussi). J’aime les livres qui parlent des livres et j’apprécie aussi la science-fiction. Ça tombe bien parce que c’est à peu près ça. Dans un pays inconnu mais proche, les livres sont devenus des drogues légales et sans danger. Le programme Nox contrôle l’addiction à la lecture d’ouvrages créés spécialement par les Maisons de Mots. N’existent que les livres « frisson », « chagrin », etc. et de grandes manifestations de lectures publiques qui drainent des foules déchaînées. La vraie littérature est prohibée. Dans une société à tendance totalitaire, l’ordre est maintenu par des agents aux physiques d’athlètes mais illettrés. Et c’est là que commence l’histoire de 1075… Le roman enchaîne une narration classique à des notes d’archives qui analysent le contexte et permettent d’évoluer facilement dans le monde absurde créé par l’auteur. Les chapitres sont courts mais efficaces. Le personnage principal n’est pas vraiment héroïque mais devient vite attachant.

jésusJésus m’aime de David Safier. Oui, je sais, j’en ai déjà parlé dans un autre article car je voulais voir le film librement inspiré du livre : Jesus liebt mich de Florian David Fitz  (un film en ALLEMAND donc, et moi qui ne parle pas un mot d’allemand, le désespoir !). Et pour contenir mon obsession cinématographique (et accessoirement pour pouvoir comprendre le film sans avoir à comprendre les dialogues), j’ai lu le roman de David Safier. Et je jure que j’ai pleuré tellement j’ai ri. Il faut bien sûr accepter de plaisanter avec le côté religieux, sinon, on lit autre chose… Mais moi, j’adore les histoires mystiques et comiques en même temps. Donc, Jésus revient sur terre MAINTENANT pour le Jugement Dernier. Et il débarque en Allemagne of course… parce que c’est là que vit l’ange Gabriel (qui est devenu mortel par amour pour une humaine…). Ouais, déjà rien que ça, c’est pas mal décalé. Bon et vous savez quoi… il rencontre une fille qui s’appelle Marie ! Je ne dévoile pas la suite, ce serait dommage, mais bon, vous pouvez imaginez un peu… Je peux juste dire que le livre est très drôle mais aussi assez poignant malgré tout. En tout cas, le livre me paraît plus « sombre » que la version filmée, dont la narration est resserrée autour de quelques personnages seulement. Ce qui ne m’a pas empêché d’aimer le film aussi (c’est fou le pouvoir des images parce que je n’ai rien compris ou presque des dialogues mais il me semble avoir pas mal saisi l’histoire).

veniseIntrigue à Venise est le troisième épisode des aventures de Pénélope, la jeune conservatrice de Versailles (spécialiste en tissus anciens, d’ailleurs son premier poste était à Bayeux, waouhaha!) et de son ami journaliste Wandrille. C’est donc de l’histoire de l’art et une enquête policière (meurtres & Cie). J’avoue que j’aime assez parce que je saisis plein de références qui me font doucement rire mais je me dis que si on ne connaît rien au milieu de l’histoire de l’art (je ne parle pas des œuvres ou des courants mais plutôt de comment on devient historien d’art et comment ça se vit au quotidien en France), je ne sais pas si c’est aussi drôle !? Et puis Adrien Goetz se pose des questions ou formule des remarques qui m’ont déjà traversées l’esprit aussi (et c’est rassurant). Bref. Ça commence par un meurtre à Rome, et des têtes de chats coupées devant la statue du Colleone à Venise et son moulage à Paris. Huummm, c’est tout à fait intrigant c’est sûr… surtout qu’il est aussi question d’un mystérieux tableau de Rembrandt (et ça m’a fait pensé qu’il faudra parler de Rembrandt un jour sur ce blog, parce que Rembrandt quoi !).

Pour en savoir plus :
 
Philippe Ségur, La Poétique de l’égorgeur, Buchet-Chastel, 2004 (existe en poche chez Point-Seuil).
Philippe Ségur, Le Rêve de l’homme lucide (dites-moi ce que vous en pensez si vous l’avez lu !).
Allez voir aussi le site de l’auteur.
Cécile Coulon, Le Rire du grand blessé, Vivian Hamy, 2013. Plus de détails
David Safier, Jésus m’aime, Presses de la Cité, 2009 (existe en poche chez Pocket).
Et pour voir la bande annonce du film c’est ici (mais je vous avais déjà donné la référence).
Adrien Goetz, Intrigue à Venise, Grasset, 2012 (disponible en version poche aussi aux éditions Le Livre de Poche). On peut évidemment lire les autres opus de l’auteur et également s’intéresser à ses publications plus « scientifiques » puisque Adrien Goetz est maître de conférences à l’Université. Voir sa bibliographie sur le site du centre André Chastel (et là, je dirais, nostalgie, nostalgie).
Nora Ephron, Je ne me souviens de rien… et autres réminiscences, Bakerstreet, 2013. Pour en savoir plus, on peut jeter un œil sur le site des éditeurs. Et je n’ai pas dit mon dernier mot pour ce livre (mais j’ai dû le rendre à la bibliothèque, le timing étant largement dépassé).
 
Et juste pour le plaisir, ma librairie préférée à Nantes c’est Coiffard, 7-8, rue de la Fosse, essentiellement parce que les deux boutiques qui se font face sont tellement jolies (mais aussi parce qu’ils ont un fond hyper intéressant). Il m’arrive quand même de me fournir chez les autres libraires, mais c’est chez Coiffard que je me balade.
 

 

 

 

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