Laura

Gene Tierney publicité photo pour "Laura" 1944 Fox / **I.V.

Gene Tierney publicité photo pour « Laura » 1944 Fox / **I.V.

L’un de mes films préférés c’est Laura d’Otto Preminger. Le film date de 1944 et raconte les tâtonnements d’un policier enquêtant sur le meurtre d’une jeune femme dont il tombe amoureux (oui, vu comme ça c’est un peu « classique ») mais le film est vraiment captivant.

Evidemment, Laura doit beaucoup à la beauté et au charisme de Gene Tierney (Souchon a chanté la beauté d’Ava Gardner mais j’ai personnellement une préférence pour le style de Gene Tierney) bien que tous les acteurs soient excellents. Cependant, je crois que la séduction de ce film tient à des raisons qui n’ont finalement pas à voir avec les acteurs.

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© 20th Century-Fox

© 20th Century-Fox

Laura est un film policier très policé et plutôt sophistiqué. Il y a peu de lieux : l’appartement de Lydecker, celui de Laura, de sa tante et la maison de campagne essentiellement. Peu de scènes d’extérieur, beaucoup de scènes nocturnes. Le travail sur la lumière est incroyable. Le noir & blanc apporte évidemment une ambiance particulière au film : légèrement inquiétante et troublante. Mais ce qui intensifie tout c’est la lumière, souvent assez crue, qui contraste avec le noir et éblouit littéralement par moments (comme dans la géniale scène de l’interrogatoire au poste de police).

Ensuite, le scénario est quand même intelligent. Le point de départ est la mort de l’héroïne et les différents personnages racontent à leur manière la personnalité de la jeune femme (ok le flash-back est un poncif du cinéma policier mais c’était sans doute original à l’époque). « Je n’oublierai jamais le week-end qui suivit la mort de Laura » annonce en préambule le personnage de Waldo Lydecker alors que l’on comprend à la fin du film qu’il ne peut pas être le narrateur! Puis, on découvre assez vite et en compagnie du policier le portrait de Laura Hunt trônant dans son salon. Et alors que le film suit son cours, que l’on est confortablement installés dans la narration, que l’on se prend d’amitié ou non pour les personnages, que l’on est un peu frustrés avec le Lt. Mark McPherson (Dana Andrews) de ne pas avoir rencontré Laura, on assiste à un retournement de situation (que je ne vous raconte pas, vous regarderez le film) qui me surprend toujours un peu même si je le connais à l’avance (ce retournement, je l’attends avec impatience et c’est un plaisir supplémentaire lors du visionnement du film).

© 20th Century-Fox

© 20th Century-Fox

En fait, en y repensant, il est évident que le tableau (le portrait de Laura) est un des personnages du film et le catalyseur de toutes les émotions de la première partie.

Hummm. Je suis en train de penser que les objets ont véritablement un rôle prépondérant dans ce film (se souvenir de la première image du film lors de la dernière scène !) et que c’est peut-être ce qui me plaît finalement : le portrait, l’horloge, le crayon, le jeu de patience, la clef… forment une nature morte à décrypter.

Pour en savoir plus:
Laura, de Otto Preminger, avec Gene Tierney, Dana Andrews, Clifton Webb, Vincent Price, 1944, Twentieth Century Fox sur IMDb.
Un article du ciné-club de Caen sur le film et un autre article captivant sur le rôle du tableau au cinéma
Un article de Edouard Waintrop sur Preminger
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