Le string de jB 1/2

Michel-Ange, Le Jugement Dernier, détail d'un damné, 1537-1541, fresque, 1370 x 1220 cm, Vatican, Chapelle Sixtine.

Michel-Ange, Le Jugement Dernier, détail d’un damné, 1537-1541, fresque, 1370 x 1220 cm, Vatican, Chapelle Sixtine.

Donc on dirait qu’il fait beau. Et incroyable mais tout le monde s’est brusquement mis à porter les shorts, les dos-nus et les tongs. C’est un peu perturbant quand même cette habitude de la non transition. D’autant qu’il fait beau mais 1°/ on ne sait pas si ça va vraiment durer 2°/ on n’est pas à la plage ou en vacances pour autant. Franchement, je suis vraiment vieux jeu de penser qu’en ville on peut quand même garder plus de 10 cm² de tissu sur le corps, début juin, pour aller travailler ?!

Tout ça pour vous dire que si vous voulez du dénudé, je vais vous en montrer et en prime il est possible que je vous donne des idées fashion pour la plage.

Vatican, Chapelle Sixtine

Vatican, Chapelle Sixtine

De la peinture de Michel-Ange on ne connaît finalement que peu de choses. La Chapelle Sixtine éclipse à peu près tout le reste. Et même si on me dit parfois que la Chapelle Sixtine a été peinte au XVIIIe siècle par Léonard de Vinci (sic !), rendons à César ce qui est à César : la Chapelle Sixtine a été peinte en partie par Michel-Ange au XVIe siècle.

En partie, parce d’autres peintres ont aussi laissé leur marque sur les murs latéraux de la chapelle : Ghirlandaio, Botticelli, Pérugin ont été les premiers à être commissionnés pour le décor (une dream team quand même) ! En partie aussi parce que l’on sait très bien que certaines retouches ont été effectuées après la mort de Michel-Ange sur la fresque du Jugement Dernier.

Michel-Ange, Le Jugement Dernier, 1537-1541, fresque, 1370 x 1220 cm, Vatican, Chapelle Sixtine.

Michel-Ange, Le Jugement Dernier, 1537-1541, fresque, 1370 x 1220 cm, Vatican, Chapelle Sixtine.

Michel-Ange était une forte tête (il est né le 6 mars 1475, ça dit tout) ! Et lorsqu’il commença la peinture de la voûte, il renvoya assez vite tous ses assistants les jugeant passablement incompétents, ne gardant que quelques aides pour les tâches subalternes (préparation du mortier, broyage des pigments). Bref. Quand il peignit plusieurs années plus tard le Jugement Dernier sur le mur ouest, il travailla également seul (après s’être fâché avec un ami de 20 ans, le peintre Sebastiano del Piombo) et c’est pourquoi la chapelle Sixtine peut vraiment être considérée comme une œuvre parfaitement autographe de l’artiste. En passant, vous remarquerez la force de travail : 4 ans seulement pour la voûte, 4 ans également pour le Jugement Dernier !

Michel-Ange, Le Jugement Dernier, détail de sainte Catherine, 1537-1541, fresque, 1370 x 1220 cm, Vatican, Chapelle Sixtine.

Michel-Ange, Le Jugement Dernier, détail de sainte Catherine, 1537-1541, fresque, 1370 x 1220 cm, Vatican, Chapelle Sixtine.

Lorsque Michel-Ange peint le Jugement Dernier, c’est un artiste mature qui traite le sujet avec vigueur et une certaine audace. Un nombre important de personnages, des musculatures fort développées, une nudité insistante. Tout cela avec des arguments évidents.

Le Jugement Dernier représente la résurrection de tous les hommes à la fin des temps (TOUS les hommes, et les femmes aussi, hein), il y a donc foule. La musculature développée est un choix plus personnel : d’abord Michel-Ange préfère travailler à partir des corps masculins (le corps féminin de l’intéresse pas vraiment, c’est comme ça, en même temps, je suis un peu d’accord, les muscles masculins sont plus intéressants à observer – en tout bien tout honneur évidemment) et puis on est déjà à l’époque du maniérisme et les artistes ont tendance à faire des effets de style, à exagérer les éléments constitutifs de leur manière ce qui se traduit chez Michel-Ange par l’exagération des musculatures. Pensez aussi que la fresque est faite pour être vue de loin, les détails des muscles se doivent d’être lisibles. Quant à la nudité, et bien… ce sont des âmes que l’on voit et bien que figurés, leurs corps ne sont pas réels. Et puis  la nudité est aussi un gage de l’innocence des élus aussi bien que de l’aspect charnel des damnés. Si l’on observe avec attention le passage consacré à la résurrection, des squelettes enveloppés de linceuls sortent du sol et ce n’est qu’en gagnant de la hauteur qu’ils reprennent forme humaine et se dévêtissent.

Michel-Ange, Le Jugement Dernier, détail des ressuscités, 1537-1541, fresque, 1370 x 1220 cm, Vatican, Chapelle Sixtine.

Michel-Ange, Le Jugement Dernier, détail des ressuscités, 1537-1541, fresque, 1370 x 1220 cm, Vatican, Chapelle Sixtine.

Donc vous comprenez que Michel-Ange, tout en étant audacieux dans son traitement des corps, respecte plutôt son sujet !

Mais où est le string de Jean-Baptiste dans tout cela ? Et bien vous le saurez bientôt mais je garde un peu de suspens (en vérité, je n’aime pas que les articles soient trop longs). Par ailleurs, le blog a bientôt trois mois et je trouve qu’il serait bien qu’il soit un peu plus vivant. J’aimerai bien savoir si ces articles d’histoire de l’art plaisent parfois (parce que les commentaires ne se bousculent pas au portillon – d’un côté je ne peux pas vous en vouloir car je ne laisse presque jamais de commentaires sur les blogs des autres…).

Donc, voici le deal : si vous voulez la suite et voir (enfin !) le string de JB, laissez un commentaire ci-dessous. Mon ambition me semble raisonnable : dès que l’on atteint 10 commentaires, je poste la suite. Go !

Pour en savoir plus :
Voir la fresque du Jugement Dernier en visite virtuelle sur le site du Vatican.
Le Jugement Dernier c’est 20 m de hauteur sur 10 m de large. Lorsque Michel-Ange entreprend ce travail il a 60 ans et n’est pas très enthousiaste mais il ne peut refuser. Les détails de la commande mais aussi de la restauration de la voûte et du Jugement Dernier sont dans l’ouvrage paru après la grande restauration des années 1980 : Heinrich Pfeiffer, La Chapelle Sixtine révélée : l’iconographie complète, Paris, Hazan, 2007.
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7 Responses to Le string de jB 1/2

  1. Lilou says:

    Je veux la suite ! Et j’aime bien quand tu écris des articles d’histoire de l’art. Mes connaissances étant minimes dans ce domaine, j’en apprends toujours un peu plus dans tes articles !

  2. la soeurette says:

    Sexy le JB !!!!!! Allez, encore 8 commentaires pour avoir peut-être LA révélation du siècle !!

  3. Fleurducap says:

    Vraiment sexy!

  4. lefebvre says:

    Bonsoir,
    Je supporte. Pour autant comment intégrer le référentiel du XVI avec nos yeux du 21ème?
    Guy

    • la fille du 15ter says:

      Question difficile évidemment… Je suis convaincue que la particularité de l’histoire de l’art c’est de n’être ni de la pure histoire, ni de la critique d’art. C’est une très bonne idée de sujet pour un prochain post! En attendant, disons que ce blog me donne juste l’occasion de jouer un peu sur l’anachronisme des formules…

  5. Bilbo Sacquet says:

    Bravo. Encore !

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