L’oeuvre d’art la plus chere du monde…

Damien Hirst, For the love of God, 2007, diamants, platine et dents humaines, 171 x 127 x 191 mm,  coll. particulière.

Damien Hirst, For the love of God, 2007, diamants, platine et dents humaines, 171 x 127 x 191 mm, coll. particulière.

… est dans mon salon (ou presque). Vous saviez que l’œuvre d’art la plus chère du monde est celle de Damien Hirst : For the love of God ? Bien que la question du coût d’une œuvre d’art soit discutable évidemment et que les dérives de l’art contemporain soient particulièrement polémiques [1]. Quoiqu’il en soit, celle-ci possède une valeur intrinsèque, indépendamment de sa portée, de sa signification, de la cote de l’artiste, de sa rareté… Le platine et les diamants qui la constituent possèdent une valeur considérable.  8601 diamants pour un total de 1106,18 carats et 2156 grammes de platine ! L’équivalent d’un collier de maharadja…

Peu importe ce que les critiques positives ou négatives disent du travail de Damien Hirst et peu importe celles concernant cette œuvre en particulier. Je dois avouer que j’aime cet objet. On parle toujours de son prix mais c’est, il me semble, avant tout une création assez pointue de joaillerie (réalisée par Bentley & Skinner [2]).

Damien Hirst, For the love of God, 2007, diamants, platine et dents humaines, coll. particulière.

Damien Hirst, For the love of God, 2007, diamants, platine et dents humaines, coll. particulière.

Je vous ai aussi déjà parlé (très très succinctement) de la question de la vanité qui m’intéresse particulièrement. Cette œuvre peut sembler morbide mais elle n’est qu’une image de la mort car bien qu’elle soit réalisée à partir d’un véritable crâne, les seuls éléments humains sont les dents, tout le reste est une reconstitution à partir de matières précieuses. Je crois également que cet objet possède une dimension anachronique : une sorte de reliquaire précieux en hommage à un saint défunt comme on en faisait au Moyen-Âge (ce qui n’est pas du tout le projet de Hirst puisque ce crâne a été acheté chez un taxidermiste et que le titre est surtout un hommage aux exclamations maternelles en réaction aux idées étranges de l’artiste) [3]. Il existe clairement des châsses, des coffrets et autres sculptures tout aussi précieuses  réalisées en d’autres temps pour glorifier des personnages sacrés. Ce qui fait finalement l’intérêt de cette œuvre c’est qu’elle ne laisse pas indifférent. Sujet de scandales (son prix, son coût, son titre, sa forme, etc), ce crâne est autant un objet de fascination que de dégoût, appelant une longue contemplation ou un coup d’œil agacé.

© le15ter

© le15ter

Bon. Tout ça pour vous montrer une autre chose… Ma sœur qui me connait décidément bien a tout de suite pensé à moi en découvrant dans le recoin d’un mystérieux appartement cet objet effroyable (et très sale) ! Oui, c’est un énorme crâne en cire dont la peinture jaune écaillée disparaît sous la poussière et la crasse. Donc, je dis ok à la réception du message avec photo jointe et quelques jours plus tard je récupère le monstre. Etant donné la précision de la sculpture je pense qu’il s’agit d’un moulage d’après un modèle réel (je ne dis pas vivant !). Par contre, la forme du crâne me semble assez étrange (mais je n’y connais rien) avec d’énormes orbites, des pommettes très saillantes, une boîte crânienne plutôt plate. Enfin bref, si vous vous y connaissez, vous me direz… Je pense que l’un des cours que j’ai le moins aimé à la fac concernait les volumes crâniens des hommes préhistoriques, sachant que pour moi c’était très éloigné de ce que j’espérais apprendre en histoire de l’art… et je pensais que ça ne me servirait jamais !

© le15ter

© le15ter

Et bien j’avais tort. La preuve, aujourd’hui je me sens bien penaude. Damien Hirst n’avait pas encore fait For the Love of God à l’époque aussi…

Bref. Ce crâne je l’ai lavé, brossé, nettoyé et je l’ai recouvert de feuilles d’argent ! ça lui change la vie et il est presque aussi chic que l’œuvre hirstienne (adjectif de mon invention). Avec mes deux autres petits crânes (offert par Fleur encore une fois), je commence à voir une petite collection de vanités bizarroïdes (la version blanche est en réalité… une gomme !). Enfin, voilà un petit article déco. Et pour ceux qui souhaiteraient se lancer voici les étapes à suivre…

L’amazing relooking du 15ter :

Crâne 21. trouver une sculpture (ou un vrai crâne, hein, mais là je vous laisse vous débrouiller). La mienne est donc en cire.

 

2. nettoyer avec un peu de produit vaisselle et une vieille brosse à dents pour passer entre les incisives et dans les orbites !

3. rincer et sécher.

étape 4 © le15ter

4. poncer légèrement pour enlever les résidus de peinture et/ou de saleté. J’ai utilisé un tampon métallique pour la vaisselle déjà bien usé que j’ai jeté ensuite évidemment (mais un peu de laine de fer doit suffire en fonction des matières). A cette étape j’ai cassé l’orbite de droite que j’ai essayé de réparer en partie ensuite (l’avantage de la cire) mais il reste un trou.

étape 6 © le15ter

5. dépoussiérer et parfaire le nettoyage et le lissage avec un coton imbibé de white spirit (ça c’est pour la cire…).

6. recouvrir avec une mixtion spéciale pour feuilles métalliques et laisser sécher. Je pense qu’une sous-couche serait un plus pour obtenir un résultat impeccable, moi je voulais cet aspect imparfait et vieilli.

étape 7 © le15ter

7. Avec un pinceau souple déposer délicatement les feuilles métalliques et faire adhérer. J’ai ensuite remis un peu de mixtion pour faire quelques retouches et redéposer quelques morceaux de feuilles de métal.

8. Pour l’instant, j’ai laissé tout en l’état mais j’hésite à passer un peu de vernis ou de cire…

© le15ter

© le15ter

© le15ter

© le15ter

 
 
Pour en savoir plus :
 
[1] On peut lire un article de Samuel Schellenberg  plutôt critique vis-à-vis de Damien Hirst sur le site du journal suisse Le Courrier (29 avril 2012).
[2] Sur le site de cette maison, on peut obtenir quelques détails intéressants sur le projet.
[3] A ce propos, on peut se référer au descriptif sur le site officiel de l’artiste.
Une vidéo avec le making of de la réalisation de For the Love of God, est sur le site de l’artiste.
 
L’achat de l’œuvre par un groupe d’investisseurs (dont l’artiste fait lui-même partie) pour la coquette somme de 100 millions de dollars a aussi beaucoup alimenté la presse. On trouve de nombreux articles sur le sujet sur internet.
 
Pour la création déco :
Les feuilles argentées et la mixtion viennent de La Palette Saint-Luc à Nantes, les pinceaux du Géant des Beaux-Arts à Nantes.

 

 

 

 

 

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2 Responses to L’oeuvre d’art la plus chere du monde…

  1. la soeurette says:

    Haaaaaa, génialissime !!!!!!!! il valait le coup cet appart : un objet d’art et un saut à champ’ !!! Bravo sister :-)

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