Much Ado about nothing

Sean Maher in Much Ado About Nothing de Joss Whedon © Bellwether Pictures

Sean Maher in Much Ado About Nothing de Joss Whedon © Bellwether Pictures

Oui, oui les titres des posts sont de plus en plus souvent en anglais ici. Mais dans le cas présent, c’est pour la bonne cause. Comme expliquer ça ? Hummmm… je suis dans une phase : jerevoislesadaptations cinématographiquesdespièces shakespeariennes. Et ça fait pas mal de films. Et je dois avouer qu’il y a vraiment de tout : du très bon, du poétique, du littéral, du modernisé, du super tradi, du ennuyeux à mourir, du complètement barré… Enfin, c’est la foire !

Alors pas d’exhaustivité mais voici quelques notes sur mes derniers visionnages :

Twelfth NightTwelfth Night or What you will (La Nuit des rois) de Trevor Nunn : Pourquoi n’avais-je pas encore vu ce film ? Mystère. Mais comme je suis aussi dans une phase jemintéresseauxprestationsdeTobyStephens (ne cherchez pas, j’ai mes obsessions régulières – en l’occurrence, j’ai hâte de voir Black Sails et j’attends comme je peux), ce film entrait dans les deux catégories (Shakespeare et Stephens, si vous suivez bien). Bref. Pas mal. Acteurs plutôt intéressants (Helena Bonham Carter, déjà) et une réalisation qui réussit à rendre intelligible une histoire assez complexe (en plus, visionnage en VO sans sous-titres, et évidemment, impossible de saisir vraiment tout le texte, heureusement que j’ai une version au 15ter). Le travestissement fonctionne et les jumeaux (joués par des acteurs différents) sont crédibles.

Ben Kingsley, Toby Stephens et Imogen Stubbs in Twelfth Night

Ben Kingsley, Toby Stephens et Imogen Stubbs in Twelfth Night

L’adaptation place les personnages à la fin du XIXe siècle avec des costumes d’une armée (polonaise, hongroise ?). J’aime cette comédie de faux-semblants qui est plus grinçante qu’il n’y paraît (la supercherie contre Malvolio) et assez mélancolique (le spectre d’une guerre plane sur la pièce). La lumière assez froide et les paysages désolés sont parfaits pour créer cette ambiance équivoque.

A midsummer night's dreamLe Songe d’une nuit d’été (A Midsummer night’s dream) de Michael Hoffman : Je n’ai jamais su très bien quoi penser de cette adaptation. Au théâtre, cette pièce est un vrai casse-tête à monter car il y a tellement de niveaux qui s’entremêlent, de la magie et des lieux multiples. Je me demande ce que ça pouvait donner dans un théâtre élisabéthain (peu de décors, beaucoup de costumes, des hommes jouant les femmes…) et pour être franche je n’ai vu qu’une seule bonne adaptation en théâtre, encore que ce fut du théâtre de rue, que le texte fut en grande partie amputé, que ce fut donc une très libre adaptation (Le Songe par la Compagnie Jo Bithume). Dans la version de Michael Hoffman le casting est amazing (on dit bankable, aussi). Et certains acteurs s’en sortent plutôt bien, notamment les femmes : Calista Flockhart, Michelle Pfeiffer et Anna Friel. Christian Bale est ok aussi et Kevin Kline est génial (mon préféré).

Stanley Tucci in A Midsummer night's dream © Fox Searchlight Pictures

Stanley Tucci in A Midsummer night’s dream © Fox Searchlight Pictures

Mais, bien que j’adore Rupert Everett (et qu’il faut avouer qu’il est doué pour les comédies classiques), je n’aime pas son interprétation, ni celles de Sophie Marceau, Dominic West et David Strathairn. En fait, la transposition au XIXe siècle, tout en étant intéressante (le truc avec les bicyclettes est vraiment une bonne idée) ne me semble pas satisfaisante. Et les décors sonnent vraiment faux. Reste l’espièglerie de Puck (Stanley Tucci) et tout est bien qui finit bien.

CoriolanusCoriolanus (Ennemis jurés) de Ralph Fiennes, 2012 : Pourquoi le titre en français ne respecte-il pas la traduction du titre de Shakespeare ? (J’ai toujours du mal à comprendre les choix de traduction des titres en français : d’une manière générale, c’est n’importe quoi !). Je voulais voir ce film au cinéma mais je ne suis même pas sûre qu’il soit sorti en France. Voyons voir : Shakespeare + Fiennes + Butler + Redgrave c’était quand même « jackpot » a priori. Première réalisation de Ralph Fiennes qui ne choisit pas la facilité puisqu’il transpose l’histoire de nos jours. Les personnages ont gardé leurs noms romains mais le décor évoque plutôt une guerre dans les Balkans.

Ralph Fiennes and Gerard Butler in Coriolanus © The Weinstein Co.

Ralph Fiennes and Gerard Butler in Coriolanus © The Weinstein Co.

Dans cette pièce politique, la guerre n’est pas qu’une trame de fond mais un élément sine qua non puisque le héros est un chef de guerre victorieux qui, banni, se retourne contre son camp. Et la proposition de Fiennes interprète la guerre de manière marquée avec de nombreuses scènes de combat. Bien que les discours des personnages (y compris celui de la mère de Coriolan) glorifient la guerre, les combats sont surtout l’occasion de montrer la violence et la tragédie. Je connais mal cette pièce de Shakespeare et cette adaptation, tout en étant réussie, ne me donne pas envie de lire la pièce. C’est rude et brutal, il n’y a pas d’espoir de rédemption. Quand au propos, il reste ambigu. Coriolan est-il un héros défendant sa patrie et injustement banni ou un tyran du peuple justement évincé ?

As you like itComme il vous plaira (As You like it) de Kenneth Branagh : Evidemment, c’est Kenneth Branagh qui remporte la palme puisqu’il a réalisé cinq adaptations d’après Shakespeare. A mon sens, ses propositions sont assez inégales. Certaines vraiment réussies (j’aime sincèrement son Hamlet), d’autres assez peu satisfaisantes (Peines d’amour perdues, film ennuyeux malgré les chants et les danses). Cependant, Comme il vous plaira est plutôt un bon cru. La transposition dans le Japon de la fin du XIXe siècle était un pari osé mais qui fonctionne. Je me demande même si ça n’apporte pas un intérêt supplémentaire.

Bryce Dallas Howard et David Oyelowo dans As you like it

Bryce Dallas Howard et David Oyelowo dans As you like it

Les acteurs ne surjouent pas ce qui est bienvenu étant donné l’importance des costumes et des décors (c’est une habitude chez Branagh). Mention spéciale pour Kevin Kline (toujours) et pour Bryce Dallas Howard qui joue une Rosalinde très convaincante (même si je déteste ce prénom ! pourquoi Shakespeare l’utilise-t-il si souvent ?). Pièce finalement pleine de philosophie, Comme il vous plaira se satisfait bien de cette adaptation.

much ado about nothingEt là, au moment où je vous écris, je suis super impatiente de voir la version de Joss Whedon de Beaucoup de bruit pour rien, « Much ado about Nothing » parce que les acteurs et la mise en scène semblent tellement géniaux. Je trépigne !!! Much ado about nothing est sans doute ce que l’on peut dire à propos de ce blog… mais citer Shakespeare, ce n’est pas rien !

Pour en savoir plus :
 
Trevor Nunn, Twelfth Night (La Nuit des rois), 1996.
On relit La Nuit des rois dans une édition commentée fort intéressante (la version utilisée au 15ter pour suivre un peu le film en VO) : William Shakespeare, La Nuit des rois, traduction nouvelle de Jean-Michel Déprats, Editions Théâtrales, 2001.
Michael Hoffman, Le songe d’une nuit d’été (Midsummer Night’s dream), 1999.
On essaie de voir les spectacles de la compagnie Jo Bithume et ses mises en scènes intéressantes.
Kenneth Branagh, Comme il vous plaira (As You like it), 2006, n’est pas sorti dans les salles de cinéma (sauf en Italie) mais est considéré comme un téléfilm produit par HBO et la BBC.
Ralph Fiennes, Coriolanus (Ennemis Jurés), 2012, le site officiel.
Joss Whedon, Much Ado about Nothing, 2013, le site officiel.
Et rien à voir mais je vous en parlais aussi : Black Sails, Toby Stephens dans le rôle du légendaire Capitaine Flint, tentant, hein !
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