Nothing!

Capture générique Black SailsL’automne dernier j’étais hyper hyper impatiente de découvrir deux choses : la nouvelle version filmée de Much ado about nothing et la série Black Sails. Et comme tout vient à point à qui sait attendre, les deux sont arrivés avec la nouvelle année. J’ai donc pu finalement satisfaire ce qui était devenu deux lubies. Et donc cela valait-il vraiment le coût d’attendre ? La satisfaction est-elle totale ? La déception est-elle finalement au rendez-vous ? Réponse…

Ça dépend. Premièrement, Black Sails. Un univers de pirates, Toby Stephens en tête d’affiche, une vague référence littéraire (normalement on y suit les aventures du Capitaine Flint, celui du roman de Stevenson) et la promesse d’un show un peu violent et sexy. La réussite semblait assurée. Et puis bon, j’ai vu les trois premiers épisodes et…bof ! Je m’en doutais un peu ceci dit, les grandes espérances sont souvent déçues. Mais quand même… L’histoire n’est pas vraiment palpitante (des histoires économiques en majorité, des tractations financières et juste la promesse d’une chasse au trésor, et un petit mystère concernant l’identité de Mrs Barlowe). Alors, peut-être que c’est comme pour les livres. On est happé par certains dès les premières lignes, pour d’autres, il faut plusieurs pages, voire plusieurs chapitres. Disons que concernant l’histoire, on lui laisse le bénéfice du doute.

Toby Stephens and Cie © Black Sails2014 Starz Entertainment, LLC

Toby Stephens and Cie © Black Sails2014 Starz Entertainment, LLC

Rex Harrison in The Gost and Mrs Muir (1947)

Rex Harrison in The Gost and Mrs Muir (1947)

Les acteurs sont acceptables, sans plus. Les rôles n’étant pas exceptionnels, on fait ce qu’on peut avec ce qu’on a. Je trouve que Toby Stephens tire son épingle du jeu (mais je ne suis peut-être pas tout à fait objective, vu que je suis assez fan de son travail en général). J’ai quand même l’impression que son Capitaine Flint doit beaucoup au Capitaine Daniel Gregg de Rex Harrison dans le film de Mankiewicz, The Ghost and Mrs Muir. Non ? Les autres sont assez insipides, sauf peut-être celui qui joue John Silver qui m’horripile carrément (il a le mérite de provoquer des émotions). Le gros point négatif du casting : tous les hommes ont de merveilleux yeux clairs (c’est joli mais pas vraiment réaliste), toutes les femmes ont des peaux absolument parfaites (on parle quand même de prostituées ou de femmes vivant sur une île moite et poussiéreuse, en compagnie d’une faune bigarrée), et ils ont tous des dents ultra bright (really ? des pirates couverts de sang et de boue ?). N’importe quoi ! Ou alors, j’aimerai connaître l’astuce des marins et des prostituées pour l’hygiène bucco-dentaire.

 Jessica Parker © Black Sails2014 Starz Entertainment, LLC

Jessica Parker © Black Sails2014 Starz Entertainment, LLC

Une chose est cependant une grande réussite dans cette série (et oui, c’est à noter), le générique. Pas du tout la compilation d’images habituelles tirées des premiers épisodes mais un vrai générique à la fois sobre et baroque. Une belle composition à partir d’images modélisées reprenant des sculptures en ivoire sur les thèmes de l’amour, la mort, le combat…

Cependant, ce qui est particulièrement décevant pour moi sont les passages de navigation. Les images des navires voguant sont des images de synthèse et ça se voit… beaucoup. On a l’impression de voir des images puisées dans un jeu vidéo. Ceci dit, puisque depuis le début il y a eu peu de scènes en mer…

Bref, Black Sails est une relative déception mais je continue de regarder, car j’ai quand même de l’espoir. Cette folle attente ne peut pas être à ce point déçue! Heureusement qu’il y a aussi eu Beaucoup de bruit pour rien.

Et là, pas de déception. Le film de Joss Whedon est vraiment super. Evidemment, il faut aimer Shakespeare, les films en noir & blanc et la VO sous-titrée (pas de version française pour ce film). Mais personnellement je trouve ces trois premiers points positifs, le projet commence bien.

Fran Kranz © Bellwether Pictures

Fran Kranz © Bellwether Pictures

Comme souvent chez Shakespeare, il y a un mélange de comédie et de tragédie : trahison, promesse de duels, scandale, fausse mort mais aussi personnages grotesques (le chef des gardes), travestissements, et surtout le duel verbal de Benedict et Beatrice (génial). Dans le climat général tendu d’un retour de guerre avec à la clef la trahison du frère de l’un des protagonistes et une envie de vengeance, se greffent plusieurs histoires d’amour contrariées et un babillage constant. La folie shakespearienne s’exprime toujours dans les mots, les formules, les joutes verbales et Whedon a gardé tout cela.

Alexis Denisof et Amy Acker © Bellwether Pictures

Alexis Denisof et Amy Acker © Bellwether Pictures

Reste un petit temps d’adaptation au début (5 minutes) car la transposition dans un univers contemporain alors que s’expriment des comtes, princes, duc, etc, peut être un peu déstabilisant.

La légende veut que Whedon ait tourné ce film en 12 jours, chez lui, avec des acteurs qui sont des habitués de son univers. La légende est peut-être un peu exagérée mais ce qui est sûr c’est qu’il n’y a quasiment qu’un seul décor (une villa et ses alentours), que l’ambiance est globalement celle d’un week-end entre amis, que la mise en scène est inventive mais nécessite sans doute peu de prises (par exemple, le premier dialogue entre Benedict et Beatrice qui n’est pas filmé en champ / contre-champ mais avec juste une mise au point rapide qui permet de concentrer l’attention sur celui qui parle).

Et comme tout finit bien à la fin, je dirais que ce film est vraiment un bon cru. A condition bien sûr que vous trouviez un cinéma qui le propose car à Nantes, seul Le Concorde a pris le risque de le mettre à l’affiche. En même temps ça m’a donné une bonne occasion d’aller dans ce chouette cinéma de quartier où les sièges en skaï sont hyper confortables. Et dans la petite salle nous n’étions que huit, d’où une discussion animée, avant et après le film entre les spectateurs pour savoir si cette version était mieux ou moins bien que celle de Kenneth Brannagh. Je vous laisse juger…

Pour en savoir plus :
 
Allez voir le film de Joss Whedon, vraiment. A Nantes, c’est donc dans le sympathique cinéma Le Concorde. Sinon, la bande-annonce et des infos sur le site dédié.
Pour Black Sails, la série se regarde sur la chaîne Starz. On peut surtout lire un avis beaucoup plus positif que le mien sur cette série sur le site de Télérama. Comme quoi…
Le studio de création pour le générique si beau est Imaginary Forces.
A défaut de regarder Black Sails, et dans un tout autre registre, on peut revoir le film de Mankiewicz, avec Gene Tierney et Rex Harrison, The Ghost and Mrs Muir (1947).
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2 Responses to Nothing!

  1. la soeurette says:

    J’ai bien envie d’aller au Concorde moi, mais avec qui mnt que tu as été le voir ?! C’est comme la Belle et la Bête ça ! Mouai mouai mouai …

    • la fille du 15ter says:

      Oooh, mais il reste tellement de trucs à aller voir ensemble… genre Jack et la mécanique du cœur, American bluff, un été à Osage county…

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