Numerique & Co

Ryoichi Kurokawa, Oscillating Continuum  © le15ter

Ryoichi Kurokawa, Oscillating Continuum © le15ter

Les arts numériques c’est un peu le top de la scène artistique actuelle. Or, en fait, l’art numérique (le computer art, le net art, etc) c’est super vieux (le « super » est relatif évidemment), ça date des années 60. La technologie évoluant rapidement, les propositions artistiques usant (abusant ?) des effets virtuels / numériques  ne cessent d’être renouvelées. Leur avantage : elles sont très souvent ludiques. Amusons-nous donc.

Généralement, les créations mettent en avant un procédé technique et devant les œuvres on se dit surtout « whaou c’est super drôle » ou « c’est trop beau » ou « tiens, c’est incroyable ce qu’on peut faire aujourd’hui ! » mais, ça va rarement plus loin. D’ailleurs, je pense que la plupart du temps, même si on peut toujours rebondir sur l’aspect interactif et technologique, les artistes ont un discours assez banal et bancal sur leurs créations (et complètement alambiqué parfois). Mais ce n’est pas vraiment une critique, juste un avis : l’art numérique c’est expérimental et souvent il ne faut pas chercher de réflexion profonde. Lorsqu’ils maîtrisent le procédé, certains artistes en font des choses très pertinentes mais, il est évident que souvent l’œuvre est encore en gestation et ce que l’on voit (tout en étant sympa), n’est pas une œuvre aboutie.

Ruari Glynn, Mie Dinesen, Robin Skytte Jensen, The Lamp and the gowworm © le15ter

Ruari Glynn, Mie Dinesen, Robin Skytte Jensen, The Lamp and the gowworm © le15ter

Cette longue introduction pour dire que le week-end dernier, au festival Scopitone, il y avait comme toujours des choses étonnantes à voir mais pas mal de créations restent, à mon sens, des œuvres en devenir.

Le + kitsch : The lamp and the glowworm de Ruairi Glynn, Mie Dinesen et Robin Skytte Jensen. Présenté dans le hall de Stéréolux, c’est un lampadaire vieillot posé sur un tapis élimé. Mais « surprise ! », un ver luisant robotique sort la tête de l’abat-jour et salue le spectateur ! C’est drôle et décalé mais bon…

Ryoichi Kurokawa, Oscillating Continuum  © le15ter

Ryoichi Kurokawa, Oscillating Continuum © le15ter

Le + hypnotique : Oscillating Continuum de Ryoichi Kurokawa. L’œuvre se méritait car bien cachée dans une petite salle en bas d’une tour du Château des Ducs. Deux blocs blancs de taille moyenne tronqués selon un plan incliné sont juxtaposés au centre de la pièce (important, car on peu donc tourner autour). Sur les plans inclinés des écrans sur lesquels évolue une ligne virtuelle, mouvante, changeante et oscillante mais qui se poursuit d’un écran à l’autre. Une bande sonore crépitante et étrange semble agir sur le développement de motifs. Oui, c’est complexe à expliquer et franchement avant de voir cette installation, je n’y croyais pas trop. Mais finalement le minimalisme des supports entre en résonnance avec la complexité des graphismes audiovisuels et le son enveloppe l’expérience visuelle. Ça marche !

Ryoichi Kurokawa, Oscillating Continuum  © le15ter

Ryoichi Kurokawa, Oscillating Continuum © le15ter

 Cod. Avct, Cycloïd-E © le15ter

Cod. Avct, Cycloïd-E © le15ter

Le + apocalyptique : Cycloïd-E de Cod. Avct. Drôle d’objet, moitié robot, moitié instrument qui produit des sons étranges et des mouvements ondulatoires d’une certaine violence. Bien ancré au sol, un bras articulé constitué de tubes métalliques se déplie et se replie, tourne et ondule. Rythme saccadé, changements de trajectoire, sons sourds et résonnants, ce robot paraît évoluer de manière imprévue mais semble aussi observer son environnement avec attention. Le choix de la halle Alstom était particulièrement pertinent. Dans cette friche industrielle, Cycloïd-E semblait un vestige post-apocalyptique, étrange et légèrement inquiétant. Banco !

Kohske Kawasa, Bearings Glocken © le15ter

Kohske Kawasa, Bearings Glocken © le15ter

Le + mélodique : Bearings Glocken de Kohske Kawase. Une machine sophistiquée joue sur des lames de glockenspiel (sorte de xylophone) des mélodies en lançant des billes métalliques qui retombent presque toujours impeccablement dans le collecteur prévu en bout de chaîne. Instrument et performeur autonome, l’appareil semble imperturbable et on se prend à attendre la fausse note ou le mauvais rebond ! C’est à la fois beau, hypnotique et agaçant (d’autant que la musique est perturbée par les bruits de la machine).

Et aussi :

Aaron Sherwood, Firewall © le15ter

Aaron Sherwood, Firewall © le15ter

Mathieu Rivier, Lightform © le15ter

Mathieu Rivier, Lightform © le15ter

Daan Rossegaarde, Lotus Dome © le15ter

Daan Rossegaarde, Lotus Dome © le15ter

Rhizomatiks, Pulse  © le15ter

Rhizomatiks, Pulse © le15ter

LAb[au], Signal to noise © le15ter

LAb[au], Signal to noise © le15ter

Scopitone c’est aussi des workshops, des concerts et des conférences mais cette année je me suis contentée des expos (c’est déjà pas mal !). Mon seul vrai bémol pour cette édition : la signalétique déplorable. A Stéréolux, si vous ne savez pas qu’il faut pousser les portes du 4e étage et aller jusqu’au fond du couloir, vous ratez pas mal de présentations. Le pire : à l’Ecole d’archi, dimanche, tout était fermé et éteint, aucune affiche, aucun panneau, il fallait vraiment le vouloir pour trouver le 1er étage.

Heureusement que je peux être tenace car je n’aurai eu aucun regret à louper l’installation présentée (une découverte interactive du système solaire et de l’univers mais rien de vraiment immersif) mais j’ai eu la bonne surprise de pouvoir assister à une conférence de la Société d’astronomie de Nantes (et je dois dire que ça tombait bien car la mission martienne Curiosity me préoccupe pas mal actuellement). A ce propos, je n’ai pas terminé la série d’articles sur l’art et l’astronomie inaugurée cet été, mais j’y pense…

Pour en savoir plus :
 
Scopitone c’est tous les ans et on retrouve le programme et des vidéos sympas sur le site.
Ecouter et voir Bearings Glocken de Kohske Kawase, sur le site de l’artiste.
Tout savoir sur Cycloïd-E de Cod. Avct en allant sur leur site (photos, vidéos, graphiques, et explications diverses).
Oscillating Continuum de Ryoichi Kurokawa sur le site de l’artiste, c’est encore mieux.
A défaut, si on s’intéresse plus à l’astronomie  qu’au numérique (les deux n’étant évidemment pas incompatibles) on trouve le nouveau programme de la Société d’astronomie de Nantes sur leur site.
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