Plein les yeux #2

Willy Weber, Même les étincelles d’amour sont de petites explosions, 1969, acier chromé, métal cuivré poli et chromé, 60 × 70,5 cm, Berne, Kunstmuseum.

Willy Weber, Même les étincelles d’amour sont de petites explosions, 1969, acier chromé, métal cuivré poli et chromé, 60 × 70,5 cm, Berne, Kunstmuseum.

« Plein les yeux », c’est exactement ce que l’on ressent après avoir parcouru les nombreuses salles de l’exposition « Dynamo. 1913-2013. Un siècle de lumière et de mouvement dans l’art » au Grand Palais. Mettre des mots sur ces expériences sensorielles et en particulier visuelles, n’est pas aisé. 

On est ébloui par des éclats de lumière ou des éclairs fulgurants, puis on se retrouve séduits par des miroitements et scintillements se reflétant sur les divers matériaux (plastique, métal, miroir) choisis par les inventeurs de délirantes machines ou de perturbants parcours cinétiques.  Le bruit des moteurs, ventilateurs, pulvérisateurs et autres producteurs de mouvement répond aux cliquètements métalliques ou au bruissement de lamelles de plastique.

François Morellet, Triple X Neonly, 2012, tubes de néon bleu, 2 transformateurs, 325 x 325 x 325 cm, Courtesy the artist and Kamel Mennour, Paris

François Morellet, Triple X Neonly, 2012, tubes de néon bleu, 2 transformateurs, 325 x 325 x 325 cm, Courtesy the artist and Kamel Mennour, Paris

La chaleur violente des résistances rougeoyantes vient par intermittence bouleverser l’enveloppante tiédeur produite par les néons et autres tubes fluorescents. Les lignes droites et des formes circulaires se répondent d’un mur à l’autre selon des mouvements réels ou fictifs. Bref, on peut voir tout cela et bien d’autres choses encore dans cette passionnante plongée interactive dans l’art du XXe siècle. Avec la rétrospective Julio Le Parc au Palais de Tokyo, c’est l’occasion de rendre un hommage appuyé à la génération des années 1960, aux artistes qui ont expérimenté les mécanismes du regard, les jeux optiques mais aussi l’interaction entre l’œuvre, l’espace et le spectateur. Mais l’exposition ne se contente pas de montrer les maîtres du genre, on y voit aussi les précurseurs et les suiveurs, comme une manière de comprendre que la question du regard du spectateur est un sujet inépuisable.

Carlos Cruz-Diez, Transchromie mécanique 1965, 1965, plexiglas, aluminium, moteur, Atelier Cruz-Diez

Carlos Cruz-Diez, Transchromie mécanique 1965, 1965, plexiglas, aluminium, moteur, Atelier Cruz-Diez

dynamo-afficheEt pour une fois, j’ai beaucoup de photos à vous montrer. A ce propos, j’avoue être un peu perplexe sur la question des photographies d’œuvres dans les musées et les expos. Il me semble que c’est de moins en moins clair. Parce que théoriquement, il n’y a pas de raison éthique ou légale pour interdire les photos des œuvres conservées dans les collections publiques et dont les auteurs sont morts depuis plus de 70 ans (durée légale pour que les droits d’auteur passent dans le domaine public). Donc il est tout à fait logique qu’au Louvre on puisse photographier les œuvres. Ce qui est moins évident c’est la raison pour laquelle on ne peut pas photographier à Orsay ou à l’Orangerie. Hormis quelques exceptions, la majorité des artistes exposés sont bien morts depuis pppff… suffisamment longtemps. Il me semble également étonnant que finalement on puisse presque tout photographier dans l’expo Dynamo sauf certaines des œuvres les plus anciennes (what ?), un joli pictogramme étant placé près de quelques cartels. C’est également carrément surprenant que l’on ait l’autorisation de photographier les Chagall de l’exposition du musée du Luxembourg (Chagall est mort en 1985 et plusieurs œuvres appartiennent à des collections privées). La logique de tout cela m’échappe complètement. Si tout cela vous semble secondaire, c’est un sujet qui n’est pas du tout négligeable pour les historiens d’art, conférenciers, éditeurs d’art, etc.

En attendant d’y voir plus clair, voici un petit panorama photographique de l’expo du Grand Palais. Je ne vous montre que des détails des œuvres et pour une fois, je me passe de longs commentaires (comment ça mon introduction était déjà trop longue?!).

Stephen Antonakos, Hanging Neon, 1962, métal peint, néons, 152,5 × 112 × 53,5 cm, collection particulière

Stephen Antonakos, Hanging Neon, 1962, métal peint, néons, 152,5 × 112 × 53,5 cm, collection particulière

Francisco Sobrino, Transformation Instable Juxtaposition Superposition, 1963-2011, plexiglas transparent teinté, 170 × 170 × 340 cm, Archives de la famille Sobrino.

Francisco Sobrino, Transformation Instable Juxtaposition Superposition, 1963-2011, plexiglas transparent teinté, 170 × 170 × 340 cm, Archives de la famille Sobrino.

Nicolas Schöffer, Lux 10. Sculpture spatio-lumino-dynamique, 1959, acier, inox poli miroir, socle mû à l’électricité,321 × 180 × 120 cm, Paris, Éléonore de Lavandeyra Schöffer

Nicolas Schöffer, Lux 10. Sculpture spatio-lumino-dynamique, 1959, acier, inox poli miroir, socle mû à l’électricité,321 × 180 × 120 cm, Paris, Éléonore de Lavandeyra Schöffer

Grazia Varisco, Schema luminoso variabile 39, 1963, verre, bois, lampe, moteur électrique, 50 × 50 × 8,5 cm, collection particulière

Grazia Varisco, Schema luminoso variabile 39, 1963, verre, bois, lampe, moteur électrique, 50 × 50 × 8,5 cm, collection particulière

Ludwig Wilding, Structure à trois dimensions, trame progression, 1963, plexiglas, bois, gouache, 87,5 × 67 × 8,5 cm, collection Ingeborg Wilding-König

Ludwig Wilding, Structure à trois dimensions, trame progression, 1963, plexiglas, bois, gouache, 87,5 × 67 × 8,5 cm, collection Ingeborg Wilding-König

François Morellet, Sphère-Trame, 1989, aluminium, 200 cm, Ludwigshafen, Wilhelm-Hack Museum

François Morellet, Sphère-Trame, 1989, aluminium, 200 cm, Ludwigshafen, Wilhelm-Hack Museum

Gregorio Vardanega, Tour orthogonale, 1987, aluminium, Plexiglas, moteur, commutateur,188,5 × 82 × 82 cm, Houston, The Estate and Sicard.

Gregorio Vardanega, Tour orthogonale, 1987, aluminium, Plexiglas, moteur, commutateur,188,5 × 82 × 82 cm, Houston, The Estate and Sicard.

Bruce Nauman, Corridor with Mirrors and White Lights, 1971, panneau de revêtement, lampes fluorescentes, miroir, 300 × 1 219 × 30 cm, Londres, Tate.

Bruce Nauman, Corridor with Mirrors and White Lights, 1971, panneau de revêtement, lampes fluorescentes, miroir, 300 × 1 219 × 30 cm, Londres, Tate.

Julio Le Parc, Mobile transparent, 1962-1996, bois, plexiglas, nylon, 150 × 150 × 150 cm, collection particulière

Julio Le Parc, Mobile transparent, 1962-1996, bois, plexiglas, nylon, 150 × 150 × 150 cm, collection particulière

Horacio Garcia Rossi, Boîte à lumière instable, 1964, bois, moteur, plexiglas, lampe, 120 × 120 × 80 cm, collection particulière.

Horacio Garcia Rossi, Boîte à lumière instable, 1964, bois, moteur, plexiglas, lampe, 120 × 120 × 80 cm, collection particulière.

ZERO (Heinz Mack, Otto Piene, Günther Uecker), Lichtraum (Hommage à Fontana), 1964, matériaux divers, Düsseldorf, Stiftung Museum Kunstpalast

ZERO (Heinz Mack, Otto Piene, Günther Uecker), Lichtraum (Hommage à Fontana), 1964, matériaux divers, Düsseldorf, Stiftung Museum Kunstpalast

ZERO (Heinz Mack, Otto Piene, Günther Uecker), Lichtraum (Hommage à Fontana), 1964, matériaux divers, Düsseldorf, Stiftung Museum Kunstpalast

ZERO (Heinz Mack, Otto Piene, Günther Uecker), Lichtraum (Hommage à Fontana), 1964, matériaux divers, Düsseldorf, Stiftung Museum Kunstpalast

Julio Le Parc, Lumière alternée, 1966, Installation lumineuse, dimensions variables, collection particulière

Julio Le Parc, Lumière alternée, 1966, Installation lumineuse, dimensions variables, collection particulière

Christian Megert Environment, documenta 4, 1968, mroirs, bois, acrylique, 400 × 400 × 400 cm, Berlin, avec l’amabilité de la galerie Volker Diehl et Christian Megert

Christian Megert
Environment, documenta 4, 1968, mroirs, bois, acrylique, 400 × 400 × 400 cm, Berlin, avec l’amabilité de la galerie Volker Diehl et Christian Megert

GRAV (Horacio Garcia Rossi, Julio Le Parc, François Morellet, Francisco Sobrino, Joël Stein, Jean-Pierre Yvaral), Labyrinthe, 1963, réplique 2013, technique mixte.

GRAV (Horacio Garcia Rossi, Julio Le Parc, François Morellet, Francisco Sobrino, Joël Stein, Jean-Pierre Yvaral), Labyrinthe, 1963, réplique 2013, technique mixte.

Willy Weber, Même les étincelles d’amour sont de petites explosions, 1969, acier chromé, métal cuivré poli et chromé, 60 × 70,5 cm, Berne, Kunstmuseum.

Willy Weber, Même les étincelles d’amour sont de petites explosions, 1969, acier chromé, métal cuivré poli et chromé, 60 × 70,5 cm, Berne, Kunstmuseum.

Anish Kapoor, Islamic Mirror, 2008, acier inoxydable, 249,6 × 134,6 × 18 cm, Paris, Kamel Mennour

Anish Kapoor, Islamic Mirror, 2008, acier inoxydable, 249,6 × 134,6 × 18 cm, Paris, Kamel Mennour

Timo Nasseri, Epistrophy # 7, 2013, acier poli, 240 × 240 × 85 cm, Berlin, galerie Schleicher + Lange

Timo Nasseri, Epistrophy # 7, 2013, acier poli, 240 × 240 × 85 cm, Berlin, galerie Schleicher + Lange

Elías Crespin, Circunconcentricos Transparente, 2013, plexiglas, nylon, moteurs, ordinateur, d. 100 cm, collection de l’artiste

Elías Crespin, Circunconcentricos Transparente, 2013, plexiglas, nylon, moteurs, ordinateur, d. 100 cm, collection de l’artiste

Julio Le Parc, Continuel – Lumière cylindre, 1966, Installation lumineuse, 300 × 300 × 50 cm, collection particulière

Julio Le Parc, Continuel – Lumière cylindre, 1966, Installation lumineuse, 300 × 300 × 50 cm, collection particulière

Yayoi Kusama, Invisible Life, 2000-2011, miroirs acryliques, construction, spots encastrables, dimensions variables, Dijon, Le Consortium

Yayoi Kusama, Invisible Life, 2000-2011, miroirs acryliques, construction, spots encastrables, dimensions variables,
Dijon, Le Consortium

Alexander Calder, Les Boucliers, 1944, mobile sur pied, métal peint, tiges en métal, fil d’acier, 219 × 292 cm, Paris, Centre Pompidou.

Alexander Calder, Les Boucliers, 1944, mobile sur pied, métal peint, tiges en métal, fil d’acier, 219 × 292 cm, Paris, Centre Pompidou.

Pour en savoir plus :
 
Sur l’exposition Dynamo et sur l’exposition du Palais de Tokyo sur Julio Le Parc.
Le code de la propriété intellectuelle sur Légifrance dont dépendent les droits de reproduction des œuvres d’art. Il apparaît cependant que le règlement intérieur d’un établissement muséal peut tout à fait agir en complément de ces textes de loi. Par ailleurs, la possession d’un œuvre ouvre également des droits!
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2 Responses to Plein les yeux #2

  1. la soeurette says:

    Tes photos sont SENSAS’ !!!!!

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