Ready-made vs. Do it yourself

Marcel Duchamp, Porte-bouteille, 1915

Marcel Duchamp, Porte-bouteille, 1915

Ce titre est une blague d’historien d’art, laissez tomber, c’est nul. Tout ça pour avouer que je suis assez fan de customisation, de fait-maison, de bricolage et de personnalisation en tous genres pour la décoration (le fameux « fais-le toi-même »). D’un autre côté, j’habite dans un petit appartement SANS espace d’atelier, SANS balcon et déjà fort bien rempli. En plus de ça, j’ai quand même assez peu de temps pour me lancer dans de grands travaux et une oisiveté chérie. J’avoue donc que très souvent je me laisse séduire par le meuble déjà tout fait, voire, dans le meilleur des cas, par le meuble industriel en kit (donc c’est du ready-made mais à monter soi-même, subtile nuance).

Bref. J’ai quand même au fil des années bricolé des trucs déco dans l’appart (certains que j’ai même photographiés pour ce blog et puis… les articles n’ont jamais été écrits… pffft !).

Cet été j’ai pris mon courage à deux mains et j’ai décidé de faire les finitions de la pièce la plus déco de l’appart (et si vous suivez ce blog, vous savez que ce sont les toilettes ! arheuhum). Finitions qui ne sont pas tout à fait terminées encore, mais si j’attends plus pour faire cet article, il ira rejoindre tous les autres dans le néant de l’écriture.

Depuis le début j’étais hyper ennuyée par l’emplacement de la lumière (juste au-dessus de la porte, en plein dans la figure quand tu es assis sur le trône, si vous voyez ce que je veux dire). J’ai donc il y a plusieurs mois décidé de déplacer l’ampoule en la suspendant au milieu du plafond par un habile jeu de suspension (parce que c’est du béton au plafond donc hors de question de faire une saignée pour passer un fil discrètement). Et ça tombait bien parce que chez Habitat ils vendaient des supports de suspension pas chers et cuivrés (wahou ! parfaitement en accord avec la merveilleuse peinture violette des murs). Donc voilà, j’ai passé tout un après-midi à installer le truc parce que : 1/ il a fallu percer le béton au plafond (désolée chers voisins) 2/ il a fallu suspendre le fil de manière à ce que l’ampoule ne tape pas dans la porte 3/ il a fallu poser le support à cheval sur l’encadrement de porte parce qu’il ne tenait pas au-dessus. Sueurs, jurons, grognements et… joie, congratulations et plaisir quand ce fut terminé. Mais hors de question de faire des changements ensuite.

GRAV (Horacio Garcia Rossi, Julio Le Parc, François Morellet, Francisco Sobrino, Joël Stein, Jean-Pierre Yvaral), Labyrinthe, 1963, réplique 2013, technique mixte.

GRAV (Horacio Garcia Rossi, Julio Le Parc, François Morellet, Francisco Sobrino, Joël Stein, Jean-Pierre Yvaral), Labyrinthe, 1963, réplique 2013, technique mixte.

Mais quand même. Il manquait un abat-jour, un habillage pour l’ampoule, un élément déco. Je me disais que l’idéal serait un truc cuivré troué pour laisser passer la lumière sans éblouir et en créant des motifs sur les murs et le plafond (comme les artistes du G.R.A.V. avec leurs jeux de lumière… oui, je visualise une œuvre lumineuse quand je pense à un abat-jour, pauvre de moi !). Et puis, je suis tombée sur le blog Plan B de Morganours avec un fabuleux DIY pour faire… une suspension pour une plante avec un saladier IKEA. What ? Quel rapport ? Et bien si on peut faire un support pour plante, on peut aussi faire un abat-jour, non ? Et en continuant à réfléchir je me suis dit que plutôt que de faire plein de trous dans un saladier Ikea avec ma perceuse, je ferai mieux d’utiliser un truc déjà troué… Et voilà comment transformer un égouttoir à couverts en suspension. Voilà. hummm oui…

Le DIY de l’abat-jour à trous cuivré du 15ter :

Matériel :

Un égouttoir à couverts IKEA / Une bombe de peinture cuivrée / Une scie sauteuse

© le15ter

© le15ter

1. Faire un trou correspondant au support de l’ampoule (il faut que l’on puisse passer le support à travers le trou mais aussi le bloquer) avec la scie (j’avoue, j’avoue, j’ai laissé faire cette tâche à d’autres en me contentant de donner mes instructions… ahahah).

© le15ter

© le15ter

2. Bomber l’égouttoir (intérieur / extérieur). C’est à ce moment qu’avoir un balcon serait un plus. Vraiment.

© le15ter

© le15ter

3. Lorsque tout est bien sec, on installe le tout (bon, là je n’explique pas quand même).

© le15ter

© le15ter

4. Observer la jolie lumière.

Autant vous dire que c’est impossible à photographier correctement.

© le15ter

© le15ter

Et comme il me restait de la peinture cuivrée en bombe, j’ai aussi peint le moche tuyau d’évacuation qui apparaît au niveau du plafond (heu… comment expliquer cela… je me suis habillée en cosmonaute pour pénétrer dans l’espace exigu sans être recouverte de particules de peinture, en plus c’est toxique donc masque et lunettes obligatoires, en plus il ne fallait pas en mettre sur les murs donc recouvrement total de l’entourage du tuyau, en plus l’escabeau ne rentrait pas dans les toilettes… pleurs, soupirs, sueurs, désespoir !). Mais finalement c’est joli. Enfin je trouve, ça me plaît. Il faudra voir à mettre des corniches pour finir la délimitation plafond/murs. Mais, il faut trouver les corniches adéquates. Et c’est pas si facile. Surtout quand on a une idée bien précise de ce que l’on veut.

Je vous rappelle que tout ça c’est pour les toilettes. Welcome au 15ter ! Ici on passe son temps à réfléchir à la déco des WC. Enjoy !

Pour en savoir plus :
 
Le support suspension cuivré vient de chez Habitat (pas trouvé sur le site, mais dans les magasins au rayon luminaires).
L’égouttoir « ORDNING » vient de chez IKEA, of course.
La peinture est de la DB-Street de Dalbe, achetée à la Palette Saint-Luc à Nantes mais sans doute pas la plus adaptée à ce genre de travaux. Il existe d’autres marques.
Le DIY qui m’a inspirée sur le blog Plan B. Il faut regarder tout le blog qui est super.
D’autres idées pour détourner des objets IKEA sur le site IkeaHackers. Autant vous dire qu’on y passe la journée.
Le ready-made est, selon la définition d’André Breton dans le Dictionnaire du Surréalisme, un « objet usuel promu à la dignité d’objet d’art par le simple choix de l’artiste  ». Les plus célèbres sont ceux de Marcel Duchamp. Sur le site de l’INA on écoute une interview de l’artiste.
 
 
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One Response to Ready-made vs. Do it yourself

  1. la soeurette says:

    J’aime !

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