Siberie

Mikhail Bulgakov, A Young Doctor's Notebook, Alma Classic, 2011.

Mikhail Bulgakov, A Young Doctor’s Notebook, Alma Classics, 2011.

Je ne sais pas vous mais moi, les premières fraîcheurs j’aime bien. On peut enfin se pelotonner dans les grandes écharpes en laine et errer dans la brume (enfin, ça c’est dans l’idéal, parfois, on grelotte sous la pluie aussi). Bref, c’est le moment de passer du temps au cinéma ou sur le canap’. Et de regarder films et séries à la chaîne avec une grande théière de thé fumé et des bougies (au cinéma on se contente d’un bonbon au thé, évidemment). Vivement, vivement qu’il fasse vraiment froid!

Et donc. Parmi les bonnes surprises visionnées récemment il y a A Young Doctor’s notebook. Une série anglaise mais se déroulant en Russie, et même mieux, en Sibérie (déjà, il me semble que le choix était osé). Avec Daniel Radcliffe (qui est de toute évidence bien meilleur acteur que je ne le pensais) et Jon Hamm (excellent aussi). Je ne sais pas trop comment définir cette série carrément inédite sur pleins d’aspects.

Jon Hamm & Daniel Radcliffe in A Young Doctor's Notebook © 2012 - Big Talk Productions

Jon Hamm & Daniel Radcliffe in A Young Doctor’s Notebook © 2012 – Big Talk Productions

Adaptation  des textes de Mikhail Boulgakov compilés dans les Carnets d’un jeune médecin la série n’est pas une simple reconstitution historique de ce qui se passe dans un hôpital perdu au cœur de la Sibérie. C’est une vraie création basée sur les prestations des acteurs et un mélange de tragédie et de franche comédie.

Jon Hamm & Daniel Radcliffe in A Young Doctor's Notebook © 2012 - Big Talk Productions

Jon Hamm & Daniel Radcliffe in A Young Doctor’s Notebook © 2012 – Big Talk Productions

Alors qu’un jeune médecin frais émoulu débarque pour son premier poste dans un hôpital de campagne en 1917, le même médecin se trouve accusé de détournement de médicaments en 1934. Et les souvenirs de ses jeunes années aidant, les deux époques se télescopent. Evoluent donc dans les décors de 1917, les deux versions du personnage qui semblent parfaitement cohabiter sans que l’image soit incongrue (suis-je claire ? on voit le médecin jeune et le médecin plus âgé en même temps, hallucinant !). L’interaction entre les deux visages du héros donne lieu à de vrais moments de comédie et, les personnages secondaires et l’inexpérience du jeune homme à de véritables épisodes burlesques. Mais malgré tout, la tragédie affleure souvent devant les cas désespérés traités dans l’hôpital et le désarroi du médecin durant les différentes époques de sa vie.

Le résultat est cynique et clairement décalé mais un vrai bonheur. On regarde aussi pour la prestation des deux comédiens principaux, éblouissants. Seulement quatre épisodes dans la saison 1 mais la promesse d’une suite…

Bon, alors, quand même, je ne sais pas si c’est un sujet pour les vacances de Noël. Rien à voir avec les téléfilms américains prêchi-prêcha diffusés habituellement pendant les fêtes. Et le fond de l’histoire n’est absolument pas optimiste pour le début de l’année… 2014 !

Et d’ailleurs c’est quand même l’occasion de vous souhaiter une très belle nouvelle année !

Pour en savoir plus :
 
Il existe plusieurs versions traduites du texte de Mikhail Boulgakov qui ne fut publié qu’après sa mort dans les années 60. Chez Folio bilingue, la traduction de Jean-Louis Chavarot sous le titre Carnets d’un jeune médecin (2012) ; au Livre de Poche sous le titre Récits d’un jeune médecin, suivi de Morphine et Les aventures singulières d’un docteur (1996) sont parmi les éditions les plus récentes. On peut aussi lire un extrait de la version anglaise sur le site de la maison d’édition Alma Classics.
 
Pour en savoir plus sur la série, on peut consulter la fiche sur le site des éditions Montparnasse ou écouter une présentation du projet sur la BBC4  (radio).
 
 

 

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